[Témoignage] J’ai utilisé la « résolution de conflit » avec succès.

Vous le savez, j’ai suivi les ateliers Faber et Mazlish il y a peu de temps et je m’efforce tous les jours d’appliquer mes nouvelles habiletés apprises. Ce week end, j’ai été ravie de réussir à gérer un conflit qui éclatait entre nous,  parents, et nos enfants.

J’avais envie de vous témoigner de cette expérience, pour vous montrer que c’est possible !

Voici la situation :

Depuis vendredi, Maylis et Ewen avaient investi le bureau pour en faire « la cabane des doudous ». Quand je vous dis qu’ils avaient investi le bureau en salle de jeux, c’est qu’on ne pouvait même plus rentrer !

le bureau en bazar

Le samedi, nous avions des invités. Je leur demande donc de ranger. Ma fille me dit qu’ils allaient encore jouer à la cabane des doudous. Je leur laisse donc jusqu’à la fin du week-end pour tout ranger.

Arrive alors le dimanche soir, le temps du rangement. Maylis, bientôt huit ans, commence par refuser, s’énerver.… La pression monte de mon côté…. Je lui explique alors la situation de mon point de vue. Je rassemble mes souvenirs de l’atelier Faber et Mazlish et applique :

Première étape : j’accueille son sentiment : «je comprends que ce soit frustrant de devoir ranger le bureau. Tu aimerais bien avoir la place pour tes doudous ! Mais moi, j’avais justement l’inttention de ranger le bureau, et quand je vois toutes ces affaires,  ce n’est pas possible… »

Seulement, voilà,  ma fille s’énerve, commence à râler et même à pleurer (ce qu’elle fait très souvent et qui me pose beaucoup questions…). Bref, elle reste butée sur son idée et refuse de ranger.

Je sens que ma colère monter, je prends trois grandes respirations et propose une résolution de problème.

Cet outil vient à la fois de la méthode Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, d’Adèle Faber et Elaine Mazlish et de Thomas Gordon Eduquer sans punir.

  1. Je constate les faits : vous avez investi le bureau, on ne peut plus passer. J’ai besoin de retrouver mon bureau.
  2. J’écoute son besoin : je veux une salle de jeux pour pouvoir laisser « ma cabane à doudous ».
  3. Je prends une feuille de papier un stylo et propose de noter  les propositions de tout le monde.

La résolution de problème

PS :  Notez ici que nous étions tous les quatre assis autour de la table de la salle à manger.

Maylis décide que c’est elle qui écrira.

Chacun son tour,  nous faisons donc des propositions afin de trouver un solution qui conviendra à tout le monde. Maylis écrit d’abord qu’elle veut une salle de jeux, ou bien une cabane dehors qui servent de salle de jeux… Je propose alors de consacrer un endroit dans leur chambre pour installer les doudous. À ce moment-là Maylis conteste ! Je lui dis, que pour l’instant on note toutes les propositions sans débat et sans jugement. Et qu’on verra par la suite, les arguments de chacun. En bougonnant, elle reprend son rôle de secrétaire. Ewen, 3 ans et demi, propose alors à son tour de les installer dans une chambre (Maylis fait les yeux noirs). Puis papa, propose de jouer avec les doudous puis de les ranger. Je reprend une idée de Maylis : investir le grenier. Dernière proposition de Maylis : consacrer une partie du salon. Une fois que l’on a fait le tour de toutes nos propositions, il est temps de les reprendre une à une…

  • Proposition 1 : la salle de jeux… nos arguments : notre maison est trop petite pour avoir une salle de jeux, non ne pouvons pas consacrer toute une pièce à cela. Maylis convient que c’est le cas et met une croix devant.

résolution de conflit on écrit tout

  • Proposition 2 : Une cabane dehors.

Bonne idée, mais ça ne se fait pas d’un coup de baguette magique ! Nous allons alors tous dehors. Je montre mon envie et leur partage mon idée de cabane : là, entre ces trois arbres, avec un plancher ici…

Ewen : Et pour monter ?

Moi : Et bien on fera un petit escalier !

Maylis : Et on pourra mettre un matelas là pour dormir dans notre cabane et là, il y aura les doudous… ! Le sourire revient et l’enthousiasme de tous se fait sentir.

Papa Cédric : Il faudrait plutôt mettre un quatrième poteau pour qu’elle soit plus grande ! Tu devrais faire un dessin pour mieux visualiser le plan…

On repart tous à table avec le sourire, car on est d’accord : c’est un joli projet familial, mais qui ne peut se réaliser dans l’immédiat ;-).

  • Proposition 3 : Dans les chambres des enfants.

La chambre d’Ewen est résolument trop petite. Je montre à Maylis qu’elle a une partie dans sa chambre où l’on pourrait y faire un coin cabane pour y mettre les doudous. Ewen propose même de faire une porte etc. J’imagine la faire avec des draps et un grand carton que j’ai gardé…. Mais Maylis dit que c’est trop petit. Elle ne veut pas. On raye.

résolution de conflit on raye

  • Proposition 4 : Le grenier.

Ahhh ! Là, quelque chose me dit que tout espoir n’est pas perdu ;-). Notre grenier est en fait une mezzanine sous le toit, où nous stockons tous nos affaires que l’on met de côté (ce qui fait beaucoup). Les affaires et les cartons s’entassent (au grand désespoir de Cédric !). Il n’y a pas beaucoup de place et c’est surtout très bas de plafond..

échelle du grenier

MAIS, j’y monte avec les enfants … et là un « grand » rangement se met en place : on investira ce coin là car il est plus grand ! Me voilà donc à essayer de faire de la place entre les nombreux cartons de vêtements et de jouets de bébés… Je trouve même un vieux tapis qui servira pour le coin jeux : le grenier est adopté ! Papa devra juste installer une nouvelle lampe car celle-ci chauffe et peut bruler la peau si on la touche (j’en sais quelque chose)…

le grenier

Finalement, les enfants ont monté tous les doudous… le bureau est débarrassé (enfin presque… maintenant c’est à moi de ranger et trier ;-)) ET Cédric est content : j’ai commencé à ranger un peu ce grenier qui le désespérait …

ils investissent le grenier - cabane à doudous

Nous avons en prime, un joli projet familial de cabane dans le jardin !

BREF, c’est ce que j’appelle de la résolution de problème rondement menée, non ? Je peux vous dire que ce n’était pas gagné au départ… J’ai le sentiment que cette expérience nous a soudé et que nous avons tous gagné quelque chose dans cette histoire… vivement le prochain problème ! 😂

La méthode Gordon :

Eduquer sans punir : apprendre l’autodiscipline aux enfants, Dr Thomas Gordon, Ed. Poche Marabout

  1. Identifier le problème
  2. Enumérer des solutions possibles
  3. Evaluer les solutions
  4. Choisir la meilleure solution
  5. Appliquer la décision
  6. Evaluer les résultats 

Pour aller plus loin , je peux vous propose de lire ou relire l’article suivant : 4 méthodes pour gérer une dispute dans la bienveillance.

Et vous ? Avez-vous déjà expérimenté la résolution de problème/conflit ? Comment avez-vous fais et qu’en avez-vous tiré comme enseignements ? Racontez-nous dans les commentaires ci-dessous, j’adore vous lire :-).

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