Peut-on aider nos enfants à « être soi » ?

Peut-on demander à un enfant « d’oser être soi » ?

Très compliqué, lorsqu’on est encore à un âge où l’on se construit, où ses parents et les adultes qui nous entourent sont nos modèles, nos seules références !

Cet article fait partie d’un carnaval d’articles initié par Gaëlle du blog sereinehypersensibilité.com sur la thématique «Oser être soi». Si vous souhaitez découvrir le point de vue d’autres blogueurs sur cette thématique, c’est par ici.

«Oser être soi » lorsqu’on a entre 0 et 3 ans, c’est un pléonasme : car bien sûr qu’à cet âge, on est soi, rien d’autre. Et c’est ce qui dérange parfois les adultes :

« Mathias, on ne dit pas ça à la dame ! On ne dit pas : tu me donnes un bonbon ! On dit s’il vous plait Madame, est ce que je pourrais avoir un bonbon. Et on la vouvoie car on ne la connaît pas !

« Léonie, Mets pas tes doigts dans ton nez ! »

« Charlie descends de la chaise, tu vas tomber ! »

« Arrête de bouger comme ça ! Crie-pas ! Assied-toi ! Tais-toi ! Tiens-toi droit. Mange proprement ! Arrête de jouer. Dépêêêche tooiii !…… »

Bref, vous connaissez la rengaine ;-).

Parent, ose-t-on vraiment laisser nos enfants devenir eux-mêmes ?

A la naissance, le bébé est fusionnel avec sa mère. Doucement il va apprendre à se reconnaître, à reconnaître les autres, se différencier et développer sa conscience de lui-même et son identité.

Osez être soi c’est d’abord se connaître, s’estimer, s’aimer, avoir confiance en soi. Un enfant en est-il seulement capable ?

oser être soi

Voici les étapes de développement de la conscience de soi et de l’identité d’un enfant :

Entre 4 à 9 mois (qu’on appelle la phase de différenciation), l’enfant prend conscience de son propre corps. Il apprend son schéma corporel grâce à ses mains et sa bouche. Vers 6 mois, il explore les objets à sa portée et le visage de sa mère.

A 7-8 mois, le bébé distingue ce qui est la mère et les autres personnes.

A partir de 10-12 mois, le bébé améliore progressivement sa perception de soi et commence à imiter de nouveaux modèles par expérimentation.

A 12-18 mois, le bébé est capable de se distinguer des autres et commence à comprendre qu’il peut avoir une action sur son entourage. Vers 18 mois, il prend conscience de son identité propre (son corps et son prénom)

 Entre 10 et 24 mois, l’enfant se réfère à lui-même par « moi » et « mien ». Il peut verbaliser ses désirs et ses sentiments (« veux »)

 A 2 ans ,il est conscient de ses limites et de sa dépendance aux autres (il est capable de demander de l’aide) et est conscient des conséquences de ses actions.

Ce n’est qu’à partir de 3 ans que l’enfant utilise le «je». Il acquiert plus d’autonomie et d’estime de soi. L’enfant exprime alors ses premières manifestations d’autorité (agressivité, mensonge, peur). Il peut expliquer comment il se sent lorsqu’on lui demande.

A 4 ans, il commence à s’identifier au parent du même sexe (il imite papa ou maman). Il aime faire des jeux de rôle avec d’autres enfants. Il découvre qu’il est un petit garçon ou une petite fille. L’enfant se voit alors comme une personne à part entière impliquant le corps, les émotions et le cognitif.

A 5 ans, un enfant possède un bon sens de la conscience de soi. Il tente de plaire à ses parents.

 C’est entre 6 et 8 ans, qu’un enfant entre dans une période critique dans le processus de l’estime de soi.

L’enfant commence à penser à ce qu’il souhaite faire plus tard (son identité professionnelle). Il commence à se voir comme un individu indépendant de ses parents. Il est capable d’expliquer ce qu’il pense de lui-même et peut avoir une évaluation critique et globale de lui-même.

Entre 9 et 11ans, l’avis de ses pairs entre en jeu dans ses décisions, et va se renforcer durant l’adolescence… !

En résumé, si pour un bébé « oser être soi » ne veut rien dire, car l’enfant EST lui-même, c’est à partir de 6 ans que l’estime de soi entre dans une phase délicate, pour devenir de plus en plus difficile en grandissant, jusqu’à devenir souvent très critique au moment de l’adolescence … !

Si on dit que les enfants sont « naturels », c’est par l’éducation que nous allons « façonner » un être culturel, à notre image, souvent malgré nous.

Je dis « malgré nous », car l’inconscient joue beaucoup dans la transmission et l’éducation de nos enfants. Que nous le voulions ou pas, nous transmettons à nos enfants ce que nous avons appris, perçus de nos propres parents. Car, depuis la naissance, un enfant s’identifie à ses parents grâce aux neurones miroirs.

Dans son livre Pour une enfance heureuse, Catherine Gueguen développe cette idée que l’enfant nous imite et nous lui transmettons en priorité ce que nous faisons et ce que nous sommes.


 Et parfois, ça peut faire mal !

N’avez-vous pas déjà entendu votre enfant répéter des phrases à son frère ou sa sœur ou encore dans ses jeux d’imitation (à ses playmobils ou sa poupée) en employant les mêmes termes et le même ton que vous ?

Personnellement, j’ai pris une claque le jour où j’ai entendu ma fille de 7 ans dire à son père : « tu sais pas ranger tes chaussures ou quoi ? » Aie aie ! Là, je me suis dis il y a urgence ! Et j’ai commencé par :

1) Prendre conscience que je suis le premier modèle de mes enfants et qu’ils se construisent en premier lieu, à travers moi.

2) Agir sur ce que je peux changer. Qu’est-ce que je peux changer, améliorer ?

 Si au départ, l’enfant se construit par imitation, alors soyons exemplaires !

(Attention exemplaires ne veut pas dire parfaits, hein ! Ne nous faisons pas trop de mal quand même ;-)).

Alors comment, en tant que parent ou co-éducateur pouvons-nous aider nos enfants à développer l’estime d’eux-mêmes et leur confiance en eux  pour qu’ils osent être eux-mêmes ?

NB : Estime de soi vs Conscience de soi

Si nous employons souvent ces termes pour dire la même chose, il existe cependant une différence entre les deux concepts. L’estime de soi est la croyance en sa propre valeur, alors que la confiance en soi est la croyance en ses capacités.

 Tout d’abord, pour développer leur estime d’eux-mêmes, les enfants ont besoin de se sentir aimés et acceptés tels qu’ils sont. Les railleries, les moqueries sont à bannir. Attention, parfois, nous ne nous rendons pas compte de l’impact des mots et combien des phrases qui semblent banales peuvent avoir un impact négatif sur nos enfants. Je trouve que cette vidéo illustre parfaitement cela.

Etre soi : 10 choses à faire et à dire pour aider nos enfants à développer leur estime de soi et leur confiance en soi. 

1) Montrez à votre enfant que vous l’aimez de façon inconditionnelle et que vous l’acceptez tel qu’il est. C’est le plus important. Pour cela, passez du temps avec lui et donnez-lui beaucoup de câlins et d’affection.

Vous pouvez dire tout simplement : Je t’aime

Tu as le droit de ne pas être parfait.

2) Montrez l’exemple. Montrez à votre enfant qu’est-ce que s’aimer soi-même. Pour certain, cela passe par un gros travail sur soi 😉 (je sais de quoi je parle)

Vous pouvez dire : Tu as droit à ta place.

Tu as le droit d’être différent. 

Tu as le droit de demander, de donner, de recevoir, de refuser. 

 

3) Jouez ! Soyez attentifs, à l’écoute de votre enfant. Le jeu est un excellent moyen de communication. Laissez-le guider et choisir le jeu. Lorsque vous jouez avec votre enfant et que vous l’aidez à apprendre, il développe sa confiance en soi et sa volonté d’essayer de nouvelles choses.

Vous pouvez dire : Je suis là.

Je te regarde.

Je t’écoute.

 

4) Offrez lui un cadre sécurisant. Décidez de règles et de limites claires et appliquez-les. Dites à votre enfant ce que vous attendez de lui, et quelles seront les conséquences si ces règles ne sont pas respectées. Cela l’aidera à se sentir en sécurité et sûr de lui, et plus confiant pour la prise de décisions.

Vous pouvez dire : Parce que je suis ton parent, c’est mon devoir de te protéger.

 

5) Reconnaissez les efforts de votre enfant et renforcez les choses positives de son comportement.

Vous pouvez dire : je suis heureux lorsque tu m’aides à …

J’aime bien la manière dont tu as résolu le problème…

6) Aidez votre enfant à trouver une activité dans laquelle il s’épanouit, où il réussit bien et qu’il aime pratiquer. Acceptez le fait qu’il pourra être très bon dans certaines activités et dans d’autres non.

Vous pouvez dire : Continue sur ta lancée.

Fais ce que tu as à faire, à ton rythme.

 

7) Encouragez-le à essayer de nouvelles choses, et dites-lui que vous êtes fier de ses efforts, qu’ils aient porté fruit ou non. Rappelez à votre enfant qu’acquérir de nouvelles compétences prend du temps et de la pratique.

Vous pouvez dire : Tu n’es tombé qu’une seule fois !

Tu es capable.

Tu peux le faire !

Tu as le droit d’échouer et de te relever. C’est ainsi que tu as appris à marcher. 

8) Aidez votre enfant à apprendre de ses erreurs. Parlez de ce qu’il pourrait faire différemment la prochaine fois. Parlez-lui de vos propres échecs et réussites et des leçons que vous en avez tirées.

Vous pouvez dire : Tu as le droit de faire des erreurs.

Il est important de se tromper pour apprendre.

Tu as le droit d’échouer et de te relever. C’est ainsi que tu as appris à marcher.

Tu sais déjà faire ça et ça. Comment tu peux t’en servir ?

J’ai confiance en ton intelligence, tu y arriveras en temps voulu.

9) Responsabilisez votre enfant. Donnez à votre enfant des occasionsde participer à la routine de la maison. Par exemple, vous pouvez lui assigner des tâches ménagères ou lui demander de l’aide pour préparer le repas. Ainsi, votre enfant se sentira important.

Vous pouvez dire : J’ai besoin d’un commis en cuisine, voudrais-tu m’aider à couper les légumes ?

 

10) Offrez lui des choix et la chance de résoudre des problèmes pour que votre enfant apprenne qu’il a le pouvoir de diriger sa vie.

Vous pouvez dire : Comment faire pour être sûr(e) de ne pas renverser la bouteille ?

 C’est dangereux de monter sur ce muret, que préfères-tu : descendre ou me donner la main ? 

 

Et comme je viens de découvrir les vidéos de Camille Griselin, je vous partage ce conte en vidéo. Louison la coquette qui avait du mal à être elle-même, trouvait ses cheveux trop crépus et son nez trop petit, jusqu’à …

Je vous laisse découvrir la suite ici 😉

Si cet article vous a plu, laissez vos commentaires ci-dessous et partagez-le ;-).

Et vous,  laissez-vous vos enfants être soi ?

 

Retrouvez ici les articles qui m’ont inspirés :

http://www.portailenfance.ca/wp/modules/developpement-de-lenfant/grandes-etapes-du-developpement/

http://www.soinsdenosenfants.cps.ca/handouts/foster_self_esteem

http://apprendreaeduquer.fr/7-cles-lestime-soi/

http://anti-deprime.com/2015/03/06/les-phrases-a-dire-aux-enfants-pour-les-aider-a-avoir-confiance-en-eux-pour-la-vie/

http://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/comportement/fiche.aspx?doc=ik-naitre-grandir-comment-batir-confiance-estime-de-soi-enfant

 

Recherches utilisées pour trouver cet articlephoto differencie la valeur dun enfant a autres choses

10 thoughts on “Peut-on aider nos enfants à « être soi » ?

  1. Bonjour Violaine,

    je regrette de n’avoir pas connu ton site quand mes enfants étaient petits, ça m’aurait permis d’éviter certaines erreurs 😉

    Merci pour cet article, passe une belle journée

    1. Merci Guylène ! On dit qu’importe l’âge, il n’est jamais trop tard pour éduquer. Le chemin qu’on fait personnellement agit d’une manière ou l’autre de façon positive sur nos enfants, même adultes ;-). Et puis, tout n’est pas perdu : il y aura les petits enfants ;-). A bientôt.

  2. Coucou Violaine, merci pour cet article ! C’est en effet un travail de tous les instants pour donner l’exemple par nos actions plus que par nos mots… Je vois bien que ma fille de 18 mois observe énormément ce qui se passe et reproduit ce qu’elle nous voit faire…. comme passer la main sur la table pour les miettes, même si ce n’est pas dans le sens qu’on aurait voulu… A bientôt

    1. Merci Sandrine. C’est super que ta fille commence « à ramasser » les miettes ;-).Nos actions autant que nos mots sont importants, Mais comme disait Isabelle Filliozat : »Il n’y a pas de parents parfaits » ;-). Bonne suite à toi.

  3. Vraiment tr`s instructif et psychologique. En psycho on dit que les blessures émotionnelles (Rejet, Abandon, Humiliation, Trahision et Injustice) se font entre la conception de l’enfant et ces 3 ans. Puis le caractère se forme jusqu’à 7 ans. C’est la période la plus importante pour l’enfant qu’il est aujourd’hui et l’adulte qu’il sera demain.
    S’il ne sait pas être soi, il ne le sera pas adulte. C’est un cercle vicieux.

    J’adore ta pédagodie Violaine

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